
A l'UM la science, l'émission de l'Université de Montpellier sur la radio Divergence, reçoit deux doctorants qui ont participé au concours Ma thèse en 180 secondes : Jacintha Naby, du LMGC, et Charles Sanctorum, du laboratoire TransVIHMI. Après avoir réécouté leurs pitchs, ils détaillent leurs recherches : des pieux vissés pour des pontons démontables qui ouvrent la mer aux personnes à mobilité réduite, et des crottes de grands singes qui révèlent les virus pouvant un jour passer à l'homme.
Des pontons démontables pour ouvrir la mer à tous
Dans cet épisode d’A l’UM la science, l’émission de l’Université de Montpellier diffusée sur la radio Divergence, deux doctorants montpelliérains reviennent sur leur participation au concours Ma thèse en 180 secondes, organisé en France depuis 2014 : résumer sa thèse en trois minutes, avec une seule diapositive, devant un public non spécialiste. Tous deux disent s’être lancés pour apprendre à vulgariser et gagner en assurance, et racontent la formation de trois jours avec des coachs, où on leur a beaucoup répété l’importance des silences. Jacintha Naby, doctorante au Laboratoire de mécanique et génie civil (LMGC) et troisième prix du jury, travaille sur des pontons permettant aux personnes à mobilité réduite d’accéder à la mer. Comme la loi Littoral interdit toute structure permanente sur la plage, le ponton doit être monté l’été et démonté l’hiver : elle étudie des pieux vissés, de grandes vis munies d’hélices, dans du sable gorgé d’eau, cas encore peu étudié. Dans un petit aquarium, à l’échelle un huitième, elle a poussé puis arraché des pieux de géométries différentes, et observé contre une paroi de verre que le sol se mobilise en forme de cône autour de chaque hélice.
Ces essais lui ont permis de proposer aux ingénieurs géotechniciens des formules pour calculer la taille des pieux selon le sol. Elle cherche désormais un financement pour un dernier essai en grandeur réelle sur une plage.
Des crottes de grands singes pour repérer les virus
Charles Sanctorum prépare sa thèse au laboratoire TransVIHMI, consacré à la recherche translationnelle sur le VIH et les maladies infectieuses. Son pitch donne la parole à une crotte de gorille : son laboratoire conserve entre 10 000 et 20 000 échantillons de selles de chimpanzés, de bonobos et de gorilles, collectés en Afrique centrale depuis une vingtaine d’années, notamment pour les travaux sur l’origine du VIH. Il en extrait le matériel génétique, après inactivation en laboratoire de confinement de niveau 3, et le séquence pour identifier les virus présents. En un an, il dit avoir identifié quatorze familles de virus, dont certains qu’on pensait uniquement humains, comme ceux de l’hépatite A ou de l’herpès. En les comparant aux bases de données internationales, il estime leur risque de transmission à l’homme.
Il évoque aussi Ebola et le mpox, dont les réservoirs restent mal connus, et le déclin des populations de grands singes, qui limite les contacts avec eux.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Ma thèse en 180 secondes : concours de vulgarisation organisé en France depuis 2014.
- LMGC : Laboratoire de mécanique et génie civil, où Jacintha Naby prépare sa thèse.
- TransVIHMI : laboratoire de recherche translationnelle sur le VIH et les maladies infectieuses, où travaille Charles Sanctorum.
- Loi Littoral : interdit les structures permanentes sur la plage, d’où des pontons démontables.
- Université de Montpellier : coproductrice de l’émission avec la radio Divergence.
Au fil de l’épisode
- 00:00:34 : ce qu’on peut faire en 180 secondes, dont résumer sa thèse
- 00:01:25 : le principe du concours Ma thèse en 180 secondes
- 00:02:03 : présentation des deux doctorants et de leurs laboratoires
- 00:03:02 : pourquoi se lancer dans le concours
- 00:03:59 : la formation et l’importance des silences
- 00:05:54 : un concours dans un esprit d’amusement
- 00:06:54 : le pitch de Jacintha Naby sur les pontons d’accès à la mer
- 00:10:15 : la loi Littoral et le ponton démontable
- 00:13:21 : pourquoi les pieux vissés dans le sable gorgé d’eau méritent une thèse
- 00:14:19 : les expériences à petite échelle
- 00:15:54 : le sol qui se mobilise en forme de cône
- 00:17:36 : vers un essai en grandeur réelle sur une plage
- 00:18:47 : le pitch de Charles Sanctorum, raconté par une crotte de gorille
- 00:21:54 : une collection d’échantillons de grands singes
- 00:23:41 : les précautions du séquençage
- 00:24:53 : quatorze familles de virus comparées aux virus humains
- 00:26:42 : Ebola, mpox et les virus à surveiller
FAQ
Qu’est-ce que le concours Ma thèse en 180 secondes ?
C’est un concours organisé chaque année en France depuis 2014, où des doctorants doivent présenter leur thèse en trois minutes, avec une seule diapositive, devant un public non spécialiste. Les deux doctorants montpelliérains de l’épisode y voient surtout un exercice de vulgarisation et un moyen de prendre confiance à l’oral.
Comment rendre la plage accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Jacintha Naby, doctorante au LMGC, travaille sur un ponton démontable : un tapis pour traverser la dune, une rampe, un quai, puis un ascenseur pour descendre seul dans l’eau. La loi Littoral interdisant les structures permanentes, le ponton repose sur des pieux vissés installés l’été et retirés l’hiver.
Qu’est-ce qu’un pieu vissé ou hélicoïdal ?
Selon Jacintha Naby, c’est un pieu classique entouré d’une ou plusieurs hélices, qui se plante dans le sol comme une grande vis et offre plus de portance. Pour un ponton, elle cite environ un mètre de profondeur et vingt centimètres de diamètre d’hélice, la taille variant selon la charge et le sol.
Pourquoi étudier les crottes de grands singes ?
Selon Charles Sanctorum, doctorant au laboratoire TransVIHMI, les selles de chimpanzés, de bonobos et de gorilles contiennent l’ADN des virus qui les infectent. Les séquencer permet de repérer des virus susceptibles d’être un jour transmis à l’homme, de prévenir de futures épidémies et de mieux protéger ces espèces menacées.
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